Elise: à l'occasion, je veux bien ta recette de strudel...
Elise, pour un vrai strudel, on prépare une pâte qu'on étale avant de l'étirer à l'infini pour la rendre ultra fine, ceci sur un drap, sur une table, en passant doucement mais fermement les mains dessous... Dans la vie courante, je fais une version plus simple, en utilisant de la pâte filo (épiceries grecques ou du Moyen-Orient). Pour les pommes, j'en fais cuire une bonne partie au four (comme pour des pommes au four, évidées) dont je recueille la chair avec une cuillère, ou bien simplement en compote (mais ne pas mettre trop d'eau: on recherche une compote assez dense et pas lisse, avec des morceaux). Je vanille généreusement la chair de pomme cuite (avec les graines d'une gousse). L'autre partie, je la garde pour le moment du montage. Pour le montage justement: je prends deux feuilles de pâte filo que je tartine généreusement de beurre fondu, au pinceau. Je mets la compote en laissant les bords libre. J'épluche et je coupe la pomme restante en tranches fines. Je mets du zeste de citron finement râpé, un peu de sucre. Je roule, je re-tartine de beurre et saupoudre de sucre. On peut aussi mettre quelques amandes effilées. Il faut faire ça sur une feuille de papier sulfurisé (ou la feuille qui vient dans le paquet de filo) et transférer sur une plaque à four bien beurrée, en courbant délicatement le strudel. Et là ça fait un strudel pas très gros (ça se mange en grosses parts), donc il faut recommencer avec d'autres feuilles. Compter bien 2 strudels pour 4. Je dirais au moins 6-7 pommes pour ça, avec une qui reste à mettre crue à la fin, le reste précuit. Au four 180-190°, jusqu'à ce que les strudels soient dorés.
Julie:
je voudrais fêter les rois mercredi: une idée de galette maison,
soit feuilletée, soit briochée?
Julie,
essaie cette recette de brioche, pas trop sucrée, dans laquelle on
ajoute des fruits confits pour faire un « royaume », la
galette du sud. Idéalement à faire dans un grand moule à baba,
avec un trou au milieu, mais bien aussi dans un simple moule rond.
Mélanger
600 g de farine avec deux cuillerées à café de sel, faire un puits
au centre et y mettre 30 g de levure de boulanger fraîche émiettée.
Verser 150 ml de lait tiède, délayer la levure dans le lait (avec
les doigts ou une petite cuillère). Ajouter 150 ml de crème fraîche
(de préférence pas froide, à température ambiante). Ajouter un
oeuf battu et 150 g de beurre mou (sorti du frigo à l'avance).
Mélanger pour former une pâte, la mettre sur un plan de travail
fariné et la pétrir pendant 5-10 minutes. Y incorporer alors un
mélange d'écorces d'agrumes confites, et autres fruits confits en
dés (150 g environ, mais adapter selon son goût). La remettre dans
un bol huilé, la couvrir d'un film huilé lui aussi et la laisser
reposer une heure: elle doit doubler de volume. La remettre alors sur
le plan de travail, l'écraser, la mettre dans le moule bien beurré.
Y glisser la fève! Couvrir du film huilé et laisser reprendre
pendant 40 minutes, dans un endroit un peu tiède (pas de courants
d'air surtout). Dorer au jaune d'oeuf. Puis au four préchauffé à
200°, pendant 35 à 45 minutes. Décorer avec des morceaux de fruits
confits et « glacer » avec un sirop léger (50 g de sucre
portés à frémissement avec 100 ml d'eau), remettre au four
quelques instants pour faire prendre. Pour changer, faire une version
« fruits exotiques » en remplaçant les fruits classiques
par des cubes de papaye, ananas, coco imbibés de rhum.
Côté
feuilleté, c'est toujours difficile d'obtenir un résultat digne
d'un pâtissier: soit on achète la pâte toute faite, et c'est moins
bon, soit on la fait soi-même, et c'est un peu moins bon aussi car
difficile de faire à la maison un feuilletage de pâtissier (les
pros utilisent notamment des beurres moins humides qui donnent un
meilleur résultat). Du coup, je recommande plutôt de choisir des
garnitures à soi, plus rustiques, une très bonne compote de pommes
(+ coings, + poires) maison, avec des morceaux, bien vanillée,
parfumée à la cannelle, on sert le tout bien chaud avec de la
crème... Ou une crème pâtissière à la fleur d'oranger? Poires
pochées et chocolat?
Sophie: je voudrais faire quelque chose en pot à offrir, une idée?
Sophie: il faut faire le lemon curd qui est ici! Mais attention, prévenir que ça se garde au frigo et une fois ouvert, ne pas trop traîner. On tartine ça sur du pain, sur des crumpets, sur des scones, ou on en fait de belles tartes au citron. Ne pas hésiter à remplacer les citrons par des citrons verts, ou une partie des citrons par de l'orange - diminuer alors la quantité de sucre. En saison, si par hasard on en rencontre chez le marchand de 4 saisons, utiliser des bergamotes.
Gina: aurais-tu une recette de petits gâteaux qui pourraient s'emballer joliment et s'offrir, quelque chose à apporter mais peut-être qui se garde un peu?
Gina, des cantuccini comme à Sienne (on peut aussi appeler ça des croquants de Provence). Il faut 200 g d'amandes, que l'on met sur une plaque et qu'on enfourne à l'étage du haut dans le four préchauffé à 190° pendant 5 minutes. Ne pas les oublier, ça brûle! Cette opération vise à donner un petit goût rôti aux amandes avant de les utiliser. Par ailleurs, fouetter ensemble 200 g de sucre, un oeuf, un jaune d'oeuf. Ajouter une cuillerée à soupe d'eau de fleur d'oranger et un zeste d'orange finement râpé. Mélanger 200 g de farine avec 1 cuillerée à café de levure chimique. Ajouter les amandes rôties (on peut mettre aussi une part de pignons en remplacement d'une part d'amandes, les rôtir aussi mais 2-3 minutes pas plus). Mettre cette pâte à raffermir, au frigo. Beurrer une plaque à four. Dessus, faire deux boudins de pâte assez épais, bien espacés. Dorer à l'oeuf battu, avec un pinceau, puis enfourner à four préchauffé (190°) pour 20 minutes environ: la pâte doit être prise, ferme mais pas encore dorée. Le boudin s'est étalé, c'est normal. Sortir du four, glisser chaque boudin sur une planche à découper et tailler des tranches en biseau, de 1,5 cm environ. Remettre ces biscuits sur la plaque et repasser au four 10 minutes environ. Laisser refroidir sur une grille. Les biscuits (bis-cuits = deux fois cuits) vont devenir très durs, c'est normal: ce sont des croquants qui se croquent ou se trempent dans un café ou un vin doux au dessert (muscat, vin santo comme en Toscane). Ces biscuits se conservent bien, dans une boîte ou dans des sachets cellophane si on veut les offrir (on en trouve dans les magasins de matériel de cuisine pro).
Elise: hello Keda, as-tu une recette pour faire un chocolat chaud réellement onctueux? Pas un lait aromatisé au chocolat, mais un chocolat avec du lait? Bravo pour ton blog!
Elise, merci! Pour le chocolat chaud je fais comme suit: je mets du lait (500 ml) + un peu d'eau (200 ml) à chauffer avec une ou deux cuillerées à soupe de cacao en poudre (et une gousse vanille ou un bâton de cannelle pour une variante épicée). Je hache 150 g de bon chocolat noir (on peut même mettre la moitité en chocolat à 100% de cacao - à l'inverse on peut mettre du chocolat au lait si c'est ce qu'on aime). Lorsque le lait bout, baisser le feu et ajouter le chocolat en fouettant avec un fouet. Puis laisser cuire à feu tout doux pendant une dizaine de minutes: c'est ça qui rend le chocolat onctueux. On peut le servir de suite - en le filtrant pour éliminer les peaux - ou le laisser au frigo (une fois refroidi) et le réchauffer quand on veut le boire. Il est possible de le sucrer évidemment ou de le laisser non sucré et de le surmonter d'une chantilly un peu sucrée...