Laurent: une idée de quelque chose à manger qui fasse très "premier mai"? Le printemps, le vert, le côté un peu festif mais pas trop de travail...
Laurent, qui fasse "premier mai", je dirais merguez frites. Sinon, je vois ce que propose Simone Beck, dite "Simca", dans son livre Simca's Cuisine (avec Patricia Simon, Vintage Books, Random House, NY, 1976 - la première édition date de 1972): un "dîner insolite" au printemps, qui comprend
Bouchées demi-lune aux crustacés (+vin blanc sec d'Anjou)
Poulet au beurre d'escargot
Pommes de terre rissolées à l'ail
Purée d'asperges au fromage dite tourangelle (+ côte du rhône)
Soufflés à l'orange "dans les écorces"
Plus raffiné! Simone Beck (1904-1191) était une cuisinière française qui enseigna la cuisine de son pays aux Américains, à travers des leçons et des livres, co-écrits pour certains avec la plus connue Julia Child (qui passa à la télé à partir des années 60) et Louisette Bertholle (Mastering the Art of French Cooking, dont le premier volume date de 1961). On reconnaît à ces trois femmes d'avoir changé l'attitude des Américains face à la cuisine française, rendue plus accessible, et à la cuisine en général: "if you can read, you can cook", dit Julia.
Quelque 35 ans plus tard, ma version, un peu moins élaborée (=moins de travail) de son menu (en vérité déjà assez simple et actuel).
En entrée: on fait sauter à la poêle des gambas crue décortiquées.

On arrête le feu et on ajoute dans la poêle quelques cuillerées de crème fraîche, un peu de moutarde, et les graines d'une demi-gousse de vanille - ou une bonne pincée de curry, pour se rapprocher de la version de Simca, qui mettait crevettes, chair de crabe, pommes et faisait une petite sauce au curry. Ensuite, elle, elle mettait ça sur des ronds de pâte (brisée) qu'elle referme en demi-lunes et fait dorer au four.

Ou plus moderne et plus léger: on met les gambas dans des carrés de pâte à ravioli qu'on enroule et fait cuire vapeur. Faisable aussi sous forme de triangles de feuille de brick, au four.
Le poulet: là, on reste près de son propos, pas grand-chose à dire: on prépare un beurre (mou) mélangé à des herbes hachées (chez moi, estragon en petite proportion, ciboulette, basilic, persil plat - et un zeste de citron finement râpé), des échalotes hachées. On détache délicatement, avec la main, la peau du poulet (en partant du cou) et on glisse le beurre parfumé entre la peau et la chair. On rôtit.

Accompagnements: les asperges, je les verrai plutôt vapeur ou bouillies, vertes ou blanches mais al dente. Avec quelques copeaux du parmesan que Simca mettait dans sa purée, ou alors une sauce rapide faite d'huile d'olive, du reste des bottes d'herbes utilisées plus haut, d'un zeste d'orange, le tout mixé au robot avec un peu de sel.

Des petites patates rissolées: les cuire à l'eau avant puis les faire revenir dans l'huile d'olive + ail.

Le dessert: l'histoire des soufflés, ça a l'air très bon mais c'est un peu compliqué. On achète un bon sorbet orange sanguine (ou on le fait soit même si on a une sorbetière), on garnit les coques évidées des oranges et on remet au congélo pour regiver le tout (et en fin de compte, rien n'empêche de choisir un autre sorbet - genre fraise qui va bien avec l'orange et fait plus printanier).









